Trajectoire 2050

Trajectoire 2050

Avant d’identifier les grands enjeux d’aménagement et pour faire face aux nouvelles mutations sociologiques et démographiques, économiques et énergétiques, environnementales et climatiques, les cinq présidents des intercommunalités membres du Pôle métropolitain Nantes Saint-Nazaire ont décidé mi 2022, d’ouvrir un travail de refondation du projet stratégique à l’échelle du territoire du Pôle métropolitain Nantes Saint-Nazaire.

TRAJECTOIRE 2050 est le « nom de code » qui permet de saisir à la fois le devoir d’anticipation des mutations à venir, mais aussi de tracer le chemin du territoire du Pôle métropolitain Nantes Saint-Nazaire.

Trajectoire 2050 est l’instrument de notre vision transformatrice. Mais parce que cette vision transformatrice n’est jamais définitive, Trajectoire 2050 est autant l’instrument de notre propre transformation.

Le temps de la refondation du projet politique

Trajectoire 2050 est une démarche stratégique pour refonder la vision commune à l’échelle du grand territoire composée de nos cinq intercommunalités de Nantes métropole, la Communauté d’agglomération de la Région Nazairienne et les Communautés de communes d’Estuaire et Sillon, d’Erdre et Gesvres et de Pays de Blain Communauté.

De nouveaux défis s’imposent à nous tous, tant nous sommes entrés dans une phase d’irréversibilité en matière de climat, de biodiversité et de raréfaction des ressources. Nous devons aujourd’hui aller plus loin que notre culture éprouvée de la coopération. La conscience de nos interdépendances est un préalable pour explorer et définir ensemble – à l’échelle de notre bassin commun de vie – notre capacité collective à répondre aux besoins vitaux présents et futurs de tous nos habitants.

Face à une équation à résoudre de plus en plus complexe, notre fabrique du territoire doit se donner les moyens de réinterroger la vision commune, avant d’identifier les grands enjeux d’aménagement pour demain, articulés entre robustesse, interdépendances et habitabilité.

Il ne s’agit pas de nous poser la question « que va-t-il advenir ? » mais bien « que voulons-nous ? »
A l’échelle de notre grand territoire de Nantes à Saint-Nazaire, le Pôle métropolitain doit être ce lieu de l’expression démocratique, où nous devons pouvoir documenter le « porter à connaissances » et ouvrir le champ des possibles jusqu’à la définition de compromis socialement acceptables, et ainsi redéfinir, solidairement, l’habitabilité de nos bassins de vie et de travail.

L’imaginaire et la recherche pour faire et refaire territoire

« Faire et refaire territoire », ce sont d’abord des collectivités territoriales et leurs élus qui ont pour mission d’organiser, de mobiliser et d’animer des politiques publiques ayant pour objet une transformation systémique et vertueuse au service des habitants. C’est la tâche quotidienne des intercommunalités. C’est aussi reconnaitre et encourager les coalitions d’acteurs – publics et privés – qui se constituent, chaque jour, à servir l’épanouissement, la robustesse et l’habitabilité de notre grand territoire. C’est enfin la nécessité d’observer, de mesurer la cohérence et les effets du projet porté quotidiennement, dans l’articulation avec le temps long.

Résidences de chercheurs

Se projeter vers le futur est un exercice difficile. Ni la force indiscutable du rapport du GIEC ni la brutalité de la crise du COVID – pour ne prendre que ces exemples récents – n’ont permis d’engager le « changement de paradigme » tant attendu. Alors nous avons décidé de tenter l’expérience nouvelle de projections désirables, d’enrichissement de nos raisonnements rationnels, par le rêve et l’imaginaire ?

C’est ainsi que nous avons accueilli huit chercheurs en « résidence pas très académique » pour proposer un carnet d’exploration. Chaque invité a pu sillonner le territoire du Pôle métropolitain Nantes-Saint-Nazaire, prendre le temps de rencontrer des acteurs, publics et privés, de confronter leur expertise thématique à la réalité des chiffres et des mots avant de nous proposer leur libre récit du futur. Ces récits n’engageant que leurs auteurs, il est évidemment autorisé de ne pas être d’accord avec ces fictions rédigées !

En plus du récit du futur, chaque explorateur a joué le jeu de glisser dans « le pot commun » de la réflexion, trois enjeux stratégiques librement formulés et autant de retours d’expériences inspirants.

Les Assemblées Trajectoire 2050
pour accompagner le changement

Accompagner le changement c’est considérer la diversité des regards, et proposer des modalités d’une coopération véritable. Et même si nous animons un territoire avec une culture de la coopération reconnue et éprouvée, il est bien de se redire que coopérer n’a rien d’une évidence, mais demeure le seul chemin efficace pour faire face à la multiplicité des défis à relever. Et c’est dans cet esprit, que les élus peuvent ensemble, discuter, débattre, en présence de grands témoins, pour esquisser et tracer la nouvelle Trajectoire à 2050.

En 2023, la première Assemblée du territoire « Trajectoire 2050 » s’est tenue à Savenay, avec la participation de quatre grands témoins autour de trois trajectoires majeures : le changement climatique, l’avenir économique et industriel et l’impératif social. Les échanges avec les élus furent ouverts à chaque séquence et ponctués de « votes » afin de mesurer les consensus ou non sur des projections formulées dans le fil du débat.

Les grands témoins étaient Virginie RAISSON-VICTOR, géopolitologue et prospectiviste, présidente du GIEC des Pays de la Loire, cofondatrice du Grand défi des entreprises pour le climat, Nadine LEVRATTO, économiste, co-directrice de la chaire Ville, Industrie et Transition Écologique, Hervé GUÉRY, économiste, directeur du COMPAS, l’observatoire social des territoires et Sylvain GRISOT, urbaniste et architecte, auteur de « pour un urbanisme circulaire».

En 2024, la deuxième Assemblée du territoire « Trajectoire 2050 » à Saint-Herblain s’est concentrée sur le sujet : « Économies et territoires, entre métropolisation et justice spatiale, quel nouveau cycle ? »
Articulé en trois débats – trois marches-, du parc d’activités économiques et l’économie-monde, en passant par l’économie métropolitaine ordinaire, ce nouveau temps fort avait pour objectif de revisiter les cycles de développement de la métropole Nantes Saint-Nazaire et d’imaginer le nouveau cycle, de réinterroger la place et le rôle de l’économie à l’échelle de notre grand territoire et d’oeuvrer à l’équilibre territorial dans la complémentarité et la diversité de nos territoires.

Trois grands témoins, Patrick Le Galès, directeur de recherche au CNRS en sociologie, science politique et étude urbaine au Centre d’études européennes et de politique comparée, Magali TALANDIER, économiste, docteur en urbanisme et aménagement du territoire et Pierre-Cécil BRASSEUR, cofondateur du cabinet Synopter, sont venus cadrer et éclairer nos débats. Sept acteurs engagés dans la diversité de l’économie, sont venus challenger et enrichir nos réflexions : Marion ANDRO co-présidente des Dirigeants Responsables de Ouest, Gael AVENARD président du réseau Entreprendre, Frédéric BRANGEON président de la Chambre des métiers et de l’artisanat de Loire-Atlantique, Anne BROCHARD, élue de la CCI, Marie-Eve HAMON vice-présidente du Centre des Jeunes Dirigeants, Tristan LUCAZEAU président de ADELE Loire Estuaire Décarbonation, et GEOFFROY-VERDIER co-président des Ecossolies.

En 2025, un nouveau temps « Trajectoire 2050 » de réflexion, d’échanges et de grands témoins inspirants s’est tenu sur le thème de la « Rencontre des estuaires », au Centre d’interprétation Terre d’Estuaire à Cordemais.

En guise d’introduction, les 80 participants élus présents ont été invités à redécouvrir l’estuaire « de la Loire à la mer », dans ses dimensions patrimoniales, historiques et d’usages, avec l’intervention de Bruno MARMIROLI, directeur Mission Val de Loire patrimoine mondial Unesco.

Trois « cartes blanches » ont ensuite été l’occasion de comprendre l’estuaire de la Loire dans ses diverses dimensions, passées et futures : Dynamiques hydro-géographique, biologique et historique avec Simon LERY, directeur du GIP Loire Estuaire ; Analyse sur le risque et l’adaptation dans l’estuaire de la Loire, du fait notamment de l’élévation du niveau marin avec Céline CHADENAS, Professeure de géographie à l’IGARUN ; Réflexion sur les nécessaires stratégies d’adaptation aux transitions à l’œuvre dans l’estuaire de la Seine, par Jean DEBRIE professeur en urbanisme et aménagement à l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne et membre du conseil scientifique de l’estuaire de la Seine

Une table ronde « (A)ménager l’estuaire » a réuni 5 intervenants aux parcours divers et singuliers : Pierre TEISSIER, directeur du Centre François Viète d’histoire des sciences et des techniques de Nantes, Jean-Rémy VILLAGEOIS, président du Directoire de Nantes Saint-Nazaire Port, Jean-Christophe GAVALLET, président de France Nature Environnement Pays de la Loire, Bruno MICHEL, président de l’Association des industriels de Loire estuaire (AILE) et Valérie LAVAUD-LETILLEUL, géographe, professeure des universités Université Paul Valéry de Montpellier, membre du ART-Dev.

Une synthèse de ces différentes lectures du fait estuarien, a été proposée par Ariella MASBOUNGI, Architecte-urbaniste, grand prix de l’Urbanisme 2016.

Enfin, une seconde table ronde sur le thème « L’estuaire, terre de coopérations », a été l’occasion d’un débat entre Dorothée PACAUD, maire de Saint-Brévin et présidente de Sud Estuaire, Edouard PHILIPPE, maire du Havre, président de Le Havre Seine métropole et président du Pôle métropolitain de l’estuaire de la Seine, Johanna ROLLAND, maire de Nantes, présidente de Nantes métropole et présidente du Pôle métropolitain Nantes Saint-Nazaire et David SAMZUN, maire de Saint-Nazaire et président de Saint-Nazaire Agglomération.